Il y a un an, je découvrais Aurélie Valognes avec “Le tourbillon de la vie”, dans un registre plutôt émouvant, où l’autrice faisait apparemment ses premiers pas. Le livre était malheureusement loin de m’avoir convaincue, j’ai voulu accorder une seconde chance à l’autrice dont le sourire et la gentillesse m’avaient immédiatement charmée. Malheureusement, je dois bien admettre que ses romans ne sont pas faits pour moi… Laissez-moi vous expliquer.
Dans certaines familles, les repas de fêtes se suivent et se ressemblent : mêmes plats, mêmes convives, mêmes discussions. Sauf cette année. Il suffit d’un rien pour que les bonnes manières volent en éclat : non-dits, vieilles rancunes et mauvaise foi vont transformer le dîner de fête en un règlement de compte en bonne et due forme. Et si les repas de famille étaient enfin l’occasion de se dire les choses ? Des dialogues enlevés, des personnages hauts en couleur, Un roman drôle et jouissif ! Avec son talent unique pour saisir le vrai dans les relations familiales, Aurélie Valognes nous plonge dans une famille joyeusement dysfonctionnelle, qui ressemble étonnamment à la nôtre.
Plus qu’un véritable roman, “La ritournelle” a surtout des allures de nouvelle : il est si rapide qu’à peine ouvert, il est déjà terminé. De fait, on a le même ressenti avec les personnages : on les a tout juste rencontrés qu’il est temps de leur dire au revoir. C’est un point du roman avec lequel j’ai eu énormément de mal, car j’apprécie suivre des personnages ayant de la consistance et de l’intérêt, sinon imopssible de m’attacher à eux - comme ce fut le cas ici. Vous pensez bien qu’en seulement 230 pages, Aurélie Valognes n’a pas le temps d’exploiter correctement toute sa ribambelle de personnages.
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Une famille, ça se pardonne, avant que ce ne soit trop tard. On pourrait quand même pouvoir se dire les choses, sans se brouiller à vie. À commencer par se dire qu’on s’aime et se rappeler pourquoi. Juste être reconnaissant de ce qu’on a.
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A vrai dire, ce qui m’a le plus déplu, ce n’est pas tant le fait que tout soit survolé - presque expédié - mais plutôt qu’en très peu de pages, l’autrice plonge tête la première dans une mer de clichés… en particulier des clichés sexistes. La mère de famille s’occupe des enfants, des courses, de la décoration, de la cuisine… Le ridicule est poussé au paroxysme lorsque le père se rend au supermarché : il n’a tellement pas l’habitude d’être en charge de cette tâche qu’il s’y perd. Quelques pages plus tard, il découvre carrément l’existance d’un placard dans sa maison ! Et pendant le diner, évidemment, il ne lève jamais le petit doigt pour aider sa femme. J’ai tout simplement eu l’impression de lire un livre écrit par un homme effrayé par le féminisme, tentant désespérément de prouver que “c’était mieux avant”, en voulant ranger les uns et les autres à leur place (comprendre : les femmes à la popote et aux marmots, les hommes au bricolage et au travail).
Bref, “La ritournelle” signe mon arrêt définitif avec Aurélie Valognes. Ses ouvrages ont beau avoir des qualités, ce ne sont pas celles que je recherche lors de mes lectures. Vous souhaitez un livre court, facile à lire, qui vous fasse rire - et en plus la période de noël est votre préférée ? Alors foncez ! Mais sinon, ne faites pas mon erreur et passez votre chemin.
En quelques mots :
+ la rapidité & facilité de lecture
- les clichés sexistes présents tout au long du roman
Ma note : 2/5

La ritournelle | Aurélie Valognes
lu en septembre 2023 aux éditions Fayard